Les Herbagères, c’est le nom que nous avons choisi pour notre ferme parce qu’il collait tout naturellement à la situation : des herbages permanents, entre terre et eau. Un fragile équilibre que nous cultivons.
Dans les marais, entre Nantes et Pornic, connectées au lac de Grand Lieu et à l’estuaire de la Loire, nos prairies sont bordées d’une multitude de canaux et de douves. Inondées l’hiver, inadaptées pour la culture (céréales ou maraichage), elles accueillent de nombreuses espèces d’oiseaux, notamment migrateurs. C’est une ressource à la fois riche et fragile.
Les vaches nantaises valorisent idéalement ces fourrages herbacés, entretenant (sans aucun carburant !) les espaces ouverts et permettant à la prairie permanente de stocker du carbone.
Notre (relativement) petite ferme s’insère dans cet environnement, le respecte et contribue à le faire perdurer.
À propos des Herbagères
Personne qui possède des herbages, élève des bestiaux dans des herbages (…). Celui, celle qui vend des herbes et des légumes verts (…). Qui est couvert d’herbages ou comporte des herbages. Plaine, zone herbagère.
Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales
Ce nom nous va donc très bien ! Il marque le cœur de notre démarche : prendre soin des herbages (et nous appuyer pour cela sur les meilleures spécialistes : nos vaches nantaises !).
Les Herbagères, ce sont aussi des haies et du bois qui produisent notamment de l’ombre pour nos vaches nantaises mais aussi bien d’autres bénéfices, ne serait-ce que pour le plaisir des yeux. En plus des haies déjà en place, que nous allons protéger et aider à grandir, nous allons en planter d’autres au fur et à mesure des années avec des espèces d’arbres et arbustes diversifiées adaptées au territoire.

Renouveler le troupeau, vivre de notre travail, pas plus
Nous sommes dans une démarche d’agriculture paysanne. Pour pouvoir nourrir le monde durablement dans les années à venir, nous ne souhaitons pas de plus grosses fermes, mais plus de fermes !
À notre échelle, nous ne cherchons donc pas à grandir. Nous pourrions éventuellement nous diversifier mais c’est une autre histoire…
En pratique, une partie significative de nos naissances sert au renouvellement du troupeau. Les velles (veaux femelles) sont majoritairement conservées pour devenir à leur tour des vaches et donner naissance à des veaux et velles. Elles remplacent les vaches qui deviennent trop âgées et fatiguées pour avoir de nouveaux veaux.



Ces vaches anciennes (que nous gardons jusqu’à 16 ans) passent leurs derniers mois à manger tranquillement de l’herbe de premier choix. Elles font naturellement un peu de « gras » et sont abattues ensuite pour fournir une viande de qualité.
Le reste des naissances – essentiellement des mâles donc – est élevé pour donner de la viande de veau ou de la viande de bœuf. Cela dépend de l’équilibre de la ferme : du rapport entre l’herbe disponible et la taille du troupeau pour toujours conserver l’autonomie, et aussi de notre trésorerie. Chez nous, un bœuf grandit lentement, pendant 4 ans, avant de pouvoir être vendu. Entièrement nourri à l’herbe, sans complément et sans avoir été sur-sélectionné, il atteint sa maturité tranquillement. Pendant ce temps, nous ne vendons rien et devons donc avancer les frais (soins, salaires…). Nous ne pouvons donc pas conserver tous les mâles pour en faire des bœufs.
En dernier ressort, nous produisons donc un peu de viande de veau bio. Juste ce que nous pouvons et ce que nous impose notre recherche d’équilibre.

